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    Crise sanitaire : diagnostic des impacts de la crise économique sur les secteurs et territoires industriels

    OPCO 2i et le Ministère du Travail ont établi un diagnostic des impacts de la crise économique liée à la Covid-19, mené à l’échelle de 32 branches professionnelles industrielles. Quels sont les impacts sur les métiers et territoires, quelle stratégie de redynamisation, quelles passerelles possibles ? Découvrez les principaux enseignements de cette étude.

    Une situation contrastée entre les territoires industriels. C’est ce que révèle cette vaste étude présentée le 23 Juin dernier à Paris sur un périmètre des 32 branches de l’Opérateur de Compétences interindustriel sur l’ensemble du territoire français. Ce diagnostic a été mené par le Ministère du Travail et OPCO 2I dans le cadre du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) 2018-2022 et de l’EDEC « Soutien aux démarches prospectives » et a été réalisée avec l’appui du cabinet BIPE-BDO Advisory. Plusieurs objectifs étaient visés dans cette mission. Il s’agissait à la fois de mesurer l’impact de la Covid-19 sur les secteurs industriels et les territoires, de caractériser les territoires les plus favorables à une redynamisation industrielle mais aussi d’identifier des passerelles métiers et leur faisabilité dans certains de ces territoires.

    164 zones territoriales analysées

    140 Territoires d’industrie en France ont ainsi été répertoriés dans un premier temps. Ils couvrent un peu plus de la moitié ( 55% ) de l’emploi industriel métropolitain. En associant des données complémentaires aux Territoires d’industrie, le périmètre de l’étude a été étendu à 164 zones, ce qui représente 2,4 millions d’emplois industriels métropolitains.

    Les résultats de ce diagnostic révèlent une situation contrastée entre les territoires, découlant notamment de la typologie des entreprises industrielles qui y sont implantées. Ainsi une grande majorité de territoires (plus d’une centaine) comptent jusqu’à 10 000 salariés, tandis que seuls 20 territoires en comptent plus de 20 000 salariés. Sans surprise, les territoires de Paris, Lyon, Toulouse, Versailles-Saclay, Aix-Marseille forment les principaux « bataillons » de salariés. Au niveau des régions, sont ainsi représentées de manière plus prononcée l’Ile-de-France, les régions Grand Est et Centre Val-de-Loire et Aura.

    Un impact direct sur l’emploi

    L’étude montre en 2020 un recul de l’industrie en terme d’emploi, conséquence directe de la crise sanitaire. Un mouvement comparable à celui du tertiaire, qui, a contrario ne touche pas le secteur de la construction. Sur l’année, 54 000 emplois du périmètre des 32 branches d’ OPCO 2i ont été détruits, soit une perte de 2,3% des effectifs. Ce recul de l’emploi marque une nette inversion de la tendance à la stabilisation (voire légère croissance) de l’emploi observée en 2018 et 2019. Les pertes d’emploi sont équitablement réparties entre le premier et le second semestre, le deuxième trimestre ayant toutefois été la période la plus destructrice en nombre d’emplois. Sur l’année, la baisse de l’emploi industriel est statistiquement attribuable à la crise COVID-19 dans un territoire d’industrie sur quatre. Au niveau national, la quasi intégralité des territoires ont détruit de l’emploi sur l’année 2020 ; seuls quelques territoires à faible effectifs affichent un bilan (légèrement) positif. Si cette tendance est à la baisse des effectifs, une reprise de l’interim est observée au cours des 3 premiers trimestres 2020. Un signe qui pourrait sous entendre une amélioration mais les résultats du 4 ème trimestre viennent contrebalancer ce mouvement.

    Industries chimique et pharmaceutiques résilientes

    Face à cette crise, plusieurs secteurs se sont montrées résilients durant le premier semestre de la crise. C’est le cas notamment des industries chimique et pharmaceutique. A contrario, quatre secteurs ont perdu de 6 000 à 16 000 emplois au cours de l’année 2020 et sont les plus exposés côté ressources humaines : il s’agit des secteurs de la métallurgie et fabrication de produits métalliques, de la fabrication de produits en caoutchouc et plastique & autres produits minéraux non métalliques, de la fabrication de matériels de transport et de la fabrication de machines et équipements. Les trois premiers secteurs étaient déjà les plus touchés en volume au premier semestre et le sont restés au 3è et au 4è trimestre.

    Ces pertes sont globalement réparties sur l’ensemble du territoire bien que quelques territoires affichent un bilan annuel positif. Trois territoires contigus du Sud (Narbonne, Béziers-Sète et Montpellier) ont notamment créé des emplois dans 2, voire 3, des quatre secteurs les plus touchés au niveau national. Quelques territoires isolés de la Bretagne, des Pays de la Loire ou d’Auvergne-Rhône-Alpes font également figure d’exception et bénéficient d’une dynamique d’emploi positive dans l’un ou l’autre des secteurs cités.

    Identifier les passerelles intersectorielles

    A partir de ce diagnostic, l’étude s’est attachée également à identifier des passerelles intersectorielles au sein de territoires d’expérimentation. 24 territoires ont ainsi été analysés. L’étude montre une avancée significative dans la pré-identification de passerelles intersectorielles et préconise, pour aller plus loin, le bon usage d’un algorithme décisionnel. La méthode déployée a permis notamment de qualifier l’impact COVID dans le territoire en fonction de la typicité du tissu industriel mais aussi d’identifier les secteurs porteurs accueillants selon une définition souple : un secteur porteur étant entendu comme étant soit un secteur résilient/en croissance sur le territoire, soit le moins sinistré/le plus volumineux avec des enjeux de recrutement locaux.

    Retrouvez le webinaire lié à cette étude : cliquez ici