Etude sur les métiers de l’ingénierie dans la branche Fabrication de l’ameublement et panneaux à base de bois
Dans la Fabrication de l’ameublement et panneaux à base de bois , les fonctions d’ingénierie sont peu présentes. Six employeurs sur dix déclarent n’avoir aucun salarié exerçant de telles fonctions. Elles sont majoritairement assurées par des techniciens expérimentés ou même débutants. L’étude examine le phénomène et propose des leviers d’action pour développer et structurer cette fonction, indispensable à l’innovation.
Les métiers de l’ingénierie : pour innover et s’adapter
Comme l’ensemble de l’industrie française, les entreprises de la branche Fabrication de l’ameublement et panneaux de bois font face à de multiples défis : transition écologique, digitalisation des modes de production, concurrence internationale, nouvelles attentes des consommateurs, etc. Pour s’adapter à cette nouvelle donne, les entreprises doivent innover et, par conséquent, disposer de compétences en ingénierie dans certains domaines clés : conception de produits, industrialisation et méthodes, qualité, R&D, design… Or les entreprises du secteur semblent présenter un déficit en matière de profils d’ingénieurs et de Bac+5.
Les professionnels de l’ingénierie se recrutent chez les techniciens
La branche Fabrication de l’ameublement et panneaux à base de bois compte plus de 40.000 salariés répartis dans près de 5.000 entreprises, dont 87% sont des TPE. Le secteur accueille 3.400 alternants, dont les deux tiers préparent des diplômes allant du CAP au Bac Pro, principalement pour des fonctions de production. Le niveau Bac+5 est largement minoritaire dans la branche : par exemple, seuls 9% des alternants visent ces niveaux de diplômes contre 38% dans l’ensemble de l’industrie.
De fait, dans la branche Fabrication de l’ameublement et panneaux à base de bois, les fonctions d’ingénierie sont majoritairement assurées par des techniciens expérimentés ou même débutants. Les ingénieurs diplômés n’occupent ces postes que dans 27% des cas. Ainsi les BTS, licences Pro et BUT constituent-ils le principal vivier de candidats aux fonctions d’ingénierie. Les entreprises ont ensuite recours aux écoles d’ingénieurs spécialisées dans le bois et les matériaux biosourcés ainsi qu’à des cursus plus généralistes, comme en mécanique ou en génie industriel. À une courte majorité, les employeurs se montrent au moins partiellement satisfaits de l’adéquation entre la formation en ingénierie et les besoins des entreprises.
Un faible appétit pour l’ingénierie chez les plus petites entreprises
Même si les employeurs déplorent, comme dans toute l’industrie, des difficultés de recrutement et un défaut d’attractivité, l’information marquante de l’étude est plutôt la faible prévalence des fonctions d’ingénierie dans les entreprises de la branche. Six employeurs sur dix déclarent n’avoir aucun salarié exerçant de telles fonctions. La première raison invoquée, l’absence de besoin identifié, est très majoritairement citée par les entreprises de moins de 50 salariés. Le coût afférent à la fonction d’ingénierie l’est ensuite pour un tiers des répondants, quelle que soit leur taille.
Chez les entreprises de plus de 50 salariés, la part de celles qui déclarent n’employer aucun salarié à des fonctions d’ingénierie tombe à trois sur dix. Les compétences en ingénierie (capacités d’analyse et de modélisation, gestion de projets intégrant des contraintes de coût, de qualité, de délais…) sont essentiellement requises au stade de la conception du produit ou dans l’industrialisation des procédés. Ainsi, la structuration d’une fonction d’ingénierie dépend fortement de la taille de l’entreprise et de son degré d’industrialisation.
Des leviers d’action pour structurer la fonction d’ingénierie
Pour accompagner le développement de la fonction d’ingénierie dans les entreprises de la branche, l’étude détaille une dizaine de recommandations visant d’abord à rapprocher les entreprises des établissements du supérieur qui forment aux métiers de l’ingénierie et à renforcer l’attractivité du secteur auprès des jeunes en orientation. Mais l’étude suggère également de s’appuyer sur une spécificité de la branche révélée par l’enquête : la part prépondérante des techniciens dans les fonctions d’ingénierie. Ainsi, il s’agirait d’identifier précisément les besoins en compétences techniques à acquérir pour accéder pleinement à ces fonctions, d’outiller les fonctions RH pour qu’ils puissent qualifier et valoriser ces compétences, et in fine, de structurer une offre de formation continue, afin de permettre une montée en compétences des techniciens. Cerise sur le gâteau, les parcours ainsi construits offriraient une belle opportunité de valoriser, auprès des jeunes en orientation, la diversité des métiers de la filière ameublement et de prometteuses perspectives d’évolution professionnelle. Et ce d’autant plus que les fonctions d’ingénierie sont en première ligne face aux enjeux de transition écologique et d’innovation.