Panorama des formations initiales et continues dans l’industrie textile
La branche textile, qui regroupe près de 2 400 entreprises et 58 550 salariés, se caractérise par un tissu majoritairement composé de TPE-PME et par une spécialisation croissante vers les textiles techniques et les segments à forte valeur ajoutée. Elle fait face à des défis majeurs liés au vieillissement des effectifs, aux tensions sur les métiers de production et à la transition vers l’éco-conception et la digitalisation.
L’étude, pilotée par Pragma Études avec l’UIT et OPCO 2i, vise à cartographier l’offre de formation initiale et continue, et à analyser son adéquation avec les besoins de la branche. Elle s’appuie sur une enquête auprès de 128 entreprises, des entretiens avec des organismes de formation et des entreprises, l’exploitation des bases de l’OPCO et des référentiels nationaux, ainsi que des groupes de travail prospectifs.
Les constats mettent en évidence des tensions fortes sur les métiers de production, qui représentent plus de la moitié des emplois de la branche. Les conducteurs d’équipements, mécaniciens, coupeurs et ennoblisseurs sont particulièrement concernés, avec des départs élevés et des difficultés de recrutement. Les métiers de maintenance, de création et de R&D connaissent également des fragilités. En matière de formation, la dynamique est réelle avec plus de 48 000 actions menées en 2023, mais elle reste concentrée sur des thématiques réglementaires et des fonctions support, au détriment des compétences techniques spécifiques au textile. Les formations certifiantes demeurent minoritaires et les entreprises recourent massivement à la formation interne pour pallier le manque d’offre adaptée, notamment sur des savoir-faire critiques comme l’ennoblissement ou le tricotage. L’offre identifiée comprend 598 certifications, dont 76 spécifiques textile, proposées dans 566 lieux, mais elle ne couvre pas pleinement les besoins exprimés. Plus d’une entreprise sur deux estime que ses besoins ne sont pas satisfaits, en raison de contraintes organisationnelles, de coûts élevés et d’une inadéquation des contenus.
Pour répondre à ces enjeux, trois axes de préconisations sont proposés. Le premier consiste à renforcer l’attractivité et la lisibilité de l’offre de formation textile en positionnant French TEX comme portail de référence, en menant une campagne collective pour valoriser les métiers et en créant un label pour les organismes partenaires. Le deuxième vise à sécuriser la transmission des savoir-faire et à professionnaliser la formation interne en structurant des parcours AFEST, en outillant et en reconnaissant les tuteurs, et en reliant la formation interne aux certifications pour renforcer l’employabilité. Le troisième axe propose de coconstruire une offre modulaire et anticipatrice en développant des parcours courts sur les métiers en tension, en accélérant la modularisation et les formats hybrides, en organisant la mutualisation entre organismes de formation et en installant une veille prospective pour anticiper les évolutions technologiques et environnementales. Ces orientations constituent une base pour structurer un plan d’actions collectif et accompagner la montée en compétences dans l’industrie textile.