Panorama statistique de l’industrie et des services nautiques

Une industrie aux multiples facettes

L’industrie et les services nautiques comptent 17 600 salariés répartis dans 2 800 entreprises. Cette branche professionnelle, toute entière dédiée à la plaisance et aux activités nautiques, affiche une grande diversité. Elle compte dans ses rangs quelques champions, leaders à l’international, et une myriade de TPE et PME, installées au plus près des plans d’eau. Elle représente une grande variété d’activités : construction de bateaux neufs, fabrication d’équipements et de moteurs, maintenance des navires, location, commerce et services aux plaisanciers…  Le Panorama statistique de lindustrie et des services nautiques permet de mieux cerner la singularité de cette industrie aux multiples visages mais aux enjeux RH partagés. Il intègre également des données relatives à des entreprises ayant des activités en lien avec le nautisme sans pour autant relever de la branche.

Les effectifs partagés entre TPE et grands groupes internationaux

La branche professionnelle de l’industrie et des services nautiques affiche un profil fortement polarisé. Elle se compose, avant tout, d’un tissu dense de TPE de moins de 10 salariés qui se concentrent sur le littoral français. Plutôt spécialisées dans la maintenance, la réparation, le commerce, la location et les services aux plaisanciers, ces petites structures représentent 89% des entreprises et 34% des effectifs de la branche. Les employeurs de plus de 50 salariés se comptent, pour leur part, en dizaines et représentent à peine 1% des entreprises. Ceux-ci pèsent néanmoins 40% des effectifs et comptent dans leurs rangs quelques constructeurs de bateaux de plaisance renommés, qui réalisent une large part de leur chiffre d’affaires à l’international.

Une industrie littorale aux contrastes marqués

Les cinq régions côtières qui bordent l’Océan Atlantique et la Méditerranée, depuis la Bretagne jusqu’à la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), emploient 86% des effectifs de la branche. Forte de ses 147 ports, de ses 700 kilomètres de côtes ensoleillées et de son activité touristique florissante, la région PACA offre à l’industrie et aux services nautiques un environnement particulièrement favorable, notamment aux activités de maintenance et de négoce. La région concentre à elle seule un tiers des établissements de la branche professionnelle et 18% de ses effectifs. Les Pays de la Loire offrent un profil tout autre. Premier bassin d’emploi de la branche avec 28% des salariés, la région accueille de grandes entreprises du secteur, constructeurs nautiques et équipementiers. Les entreprises de plus de 250 salariés y regroupent 60% des effectifs.

Tensions sur les recrutements

Depuis la crise due au Covid-19, les effectifs de la branche ont progressé, passant de 15 348 en 2020 à 17 664 à fin 2022. Même si les employeurs se montrent optimistes, 45% d’entre eux prévoyant une augmentation de leurs recrutements, l’étude constate une diminution du nombre d’offres d’emploi et anticipe une poursuite de cette tendance pour les années à venir. Tous les acteurs du secteur ne sont pas exposés de la même façon aux aléas économiques, certains d’entre eux s’adressant au marché du luxe et notamment à une clientèle étrangère.

Les besoins liés aux départs en retraite s’avèrent relativement faibles : 21% des effectifs de la branche ont plus de 50 ans, contre 32% pour l’ensemble de l’industrie. Ce taux traduit surtout les difficultés des plus petites entreprises à fidéliser leurs salariés. L’ancienneté moyenne est de 6,2 ans chez celles de moins de 10 salariés, contre 14,6 ans dans les structures de 50 salariés et plus. Chez ces dernières l’enjeu est plutôt d’anticiper les départs en retraite pour maintenir les savoir-faire.

Pour l’heure, les difficultés de recrutement perdurent : 57% des entreprises déclarent en avoir rencontrées pour embaucher en 2023 ou 2024. Les métiers de la maintenance et de la production, comme celui d’opérateur en matériaux composites, sont les plus concernés. Dans un secteur où les ouvriers représentent plus de la moitié de l’emploi, les premiers niveaux de qualification sont ceux où les tensions sont les plus vives.

Les défis de la formation

L’industrie et les services nautiques offrent une grande variété de métiers. Or, les formations initiales dédiées au nautisme sont jugées insuffisantes ou trop éloignées des bassins d’emploi par une majorité d’employeurs. En effet, à l’exception des CAP et BAC Pro Maintenance nautique ou Charpentier de marine, peu de formations sont réellement spécialisées. La plupart des postes de production se recrutent dans les formations aux métiers du bois ou du plastique. Pour remédier à ces difficultés, les entreprises peuvent compter sur les dispositifs de professionnalisation de la branche : les Certificats de qualification professionnelle (CQP) et les Titres à finalité professionnelle (TFP). Ceux-ci permettent d’acquérir des compétences spécialisées dans la voilerie, la sellerie, l’agencement nautique, les matériaux composites ou la mécanique nautique. Ils s’adaptent parfaitement aux usages des entreprises habituées à donner un « vernis nautique » aux salariés qualifiés dans des disciplines proches ou à accueillir des salariés en reconversion. Les métiers du nautisme évoluent et doivent également intégrer les transitions écologique et numérique, et tout particulièrement dans la maintenance où les évolutions technologiques nécessitent de nouvelles formations.

L’étude préconise d’amplifier ses actions en faveur de la féminisation des métiers, le déséquilibre entre hommes et femmes restant particulièrement marqué sur les fonctions techniques. Par ailleurs, tandis que les salariés les plus expérimentés peinent parfois à se maintenir en poste, elle invite à améliorer la gestion des carrières longues et des fins de carrières. Ainsi, au-delà des problématiques liées à l’attractivité, la fidélisation des salariés est sans aucun doute une excellente manière de se prémunir contre les difficultés de recrutement.