Adéquation entre l’offre de formations et les besoins en compétences des entreprises de l’interindustrie en Centre-Val de Loire
Centre-Val de Loire : plus de 21 000 recrutements par an d’ici 2030
Riche de sa diversité, la région Centre Val-de-Loire accueille des entreprises industrielles représentant toutes les branches professionnelles de l’interindustrie. Leurs activités se déploient aux quatre coins du territoire. Ainsi, la onzième région industrielle de France, forte de ses 127 000 salariés, doit-elle faire face à des besoins de main d’œuvre variés et dispersés. Quels seront ces besoins à horizon 2030 ? Et l’offre de formation permettra-t-elle d’y faire face ? C’est à ces questions que s’efforce de répondre l’étude Adéquation entre l’offre de formations et les besoins en compétences des entreprises de l’interindustrie en Centre-Val de Loire.
Industrie en Centre-Val de Loire : un maillage territorial équilibré
Entre 2006 et 2024, l’emploi industriel a reflué de -16,3% en Centre-Val de Loire, les effectifs s’établissant désormais à 127 000 salariés. Ceux-ci sont repartis à la hausse depuis 2020, portés notamment par le dynamisme des secteurs de l’Énergie, de la Chimie, de la Mode et du Luxe. Si quelques branches professionnelles comme le Caoutchouc, la Maroquinerie ou les Jeux, jouets et puériculture sont légèrement sur-représentées, la région se caractérise surtout par la variété des activités industrielles qui s’y développent. Cependant, comme partout en France, c’est la Métallurgie qui domine le paysage industriel régional, et particulièrement le secteur mécanique qui emploie plus de 22 000 personnes.
Les effectifs régionaux se répartissent autour de nombreux pôles d’attractivité : Orléans, Tours, Blois, Chartres, Bourges, ou encore Châteauroux, Dreux, Montargis, Issoudun, Chinon… De sorte que la carte des implantations industrielles dessine un maillage territorial équilibré sur toute la région, où l’on distingue à peine quelques spécialités sectorielles : chimie et industries pharmaceutiques dans le Loiret et l’Eure-et-Loir, énergie en Indre-et-Loire, industries créatives et techniques dans l’Indre.
Production et maintenance en tête des besoins de main d’œuvre
Les familles de métiers de la Production et de la Maintenance occupent 57% des effectifs, les opérateurs, monteurs et techniciens pesant même un tiers du total. Ainsi, dans le top 5 des métiers les plus recherchés trouve-t-on exclusivement des ouvriers qualifiés et peu qualifiés, dans différentes spécialités (usinage, assemblage, électricité, industries chimiques et plastiques). L’année 2025 marque cependant une baisse des projets d’embauche et des tensions sur les besoins de main d’œuvre, la part des recrutements jugés difficiles chutant de 70% en 2023 à 43% en 2025.
Si ces chiffres attestent d’une certaine volatilité du marché de l’emploi, la projection des besoins à horizon 2030 s’appuie plutôt sur les tendances longues et les besoins liés aux départs en retraite et aux mobilités externes. L’étude estime ainsi à plus de 21000 le nombre de recrutements à réaliser chaque année dans l’industrie régionale, majoritairement en production et en maintenance.
Une offre de formation qui dépasse les frontières régionales
Si l’industrie régionale se déploie sur l’ensemble du territoire, l’offre de formation se concentre autour de deux principaux pôles urbains : Orléans et Tours. Le Loiret et l’Indre-et-Loire rassemblent ainsi les deux tiers des 1 024 sessions de formations industrielles recensées. Près de la moitié d’entre elles donnent accès à un niveau Bac ou infra, tandis que les niveaux Bac+2 pèsent 22% du total. La région semble prête à faire face aux besoins en recrutement d’ouvriers qualifiés en conduite d’équipement d’usinage et de techniciens de maintenance. Pour ces deux métiers recherchés, l’adéquation géographique et quantitative entre offre de formation et postes à pourvoir ressort, en effet, à un niveau très satisfaisant. En revanche, les formations au métier d’opérateur de conduite de ligne semblent très insuffisantes.
Les élèves de la région peuvent également poursuivre leur parcours dans les départements limitrophes qui cumulent près de 4 000 sessions de formation, soit près de quatre fois plus que celles qui sont délivrées à l’intérieur de la région. Les départements d’Île-de-France, et particulièrement ceux de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, donnent majoritairement accès à des formations de niveaux Bac+3 et au-delà. La mobilité semble être de rigueur pour les étudiants. Ainsi, 45% des alternants en contrat dans des entreprises industrielles du Centre-Val de Loire suivent leur formation dans un organisme situé hors de la région. Selon l’étude, la région forme suffisamment d’ingénieurs et cadres d’étude pour faire face à la demande. Pour ces profils, la zone de recherche d’emploi dépasse cependant les frontières du Centre-Val de Loire. Aux questions d’adéquation entre offre de formation et besoins en compétences, s’ajoutent alors celles relatives à l’attractivité du territoire et de l’industrie.