— Interview

Pourquoi les chiffres de l’emploi industriel de l’Observatoire et de l’Insee diffèrent-ils ?

1 octobre 2026

  • Emploi industriel

Fabien Boisbras, Responsable Etudes et data à OPCO 2i explique en détail les écarts entre les données de l’Insee et les données de l’Observatoire Compétences Industries en matière d’emploi industriel.

D’où viennent les écarts entre les chiffres de l’Insee et l’Observatoire en matière d’emploi industriel ?

Pour calculer les effectifs de l’industrie, l’Insee prend en compte quatre grandes catégories d’activité : les industries extractives, l’industrie dite « manufacturière » (regroupant l’ensemble des activités qui consistent à transformer des matériaux, substances ou composants en nouveaux produits), la production et distribution d’électricité et de gaz, et la gestion de l’eau et des déchets. L’industrie agroalimentaire, qui est un vaste ensemble s’étendant des grandes coopératives agricoles jusqu’aux boulangeries-pâtisseries de quartier, est classée par l’Insee dans l’industrie manufacturière, tandis qu’elle se situe hors du périmètre d’OPCO 2i et donc de l’Observatoire. C’est ce qui explique le premier écart avec les chiffres de l’Insee.

Quelles sont les autres éléments qui peuvent expliquer ces écarts ?

L’Insee s’appuie sur une nomenclature qui classe les établissements en fonction de leur activité principale identifiée par un code NAF (nomenclature des activité française). Ainsi, les établissements de type sièges sociaux, les centres d’ingénierie ou de contrôle et analyses techniques, les éditeurs de logiciels, etc. sont, de fait, exclus des calculs des effectifs de l’industrie par l’Insee. Pour sa part, l’Observatoire dénombre la totalité des salariés des établissements qui appliquent une convention collective issue d’une des 29 branches professionnelles industrielles qui composent OPCO 2i.

Comment expliquer la différence entre ces deux approches ?

L’approche d’OPCO 2i est « sociale », elle est principalement guidée par des enjeux de métiers et de compétences. Par exemple, lorsqu’un établissement commercialise et installe des machines destinées à la production industrielle, mais fabriquées à l’étranger, son code NAF le classe parmi les services. Pourtant les techniciens qui vont installer la machine, l’entretenir ou former les salariés sont des mécaniciens, des automaticiens, des électrotechniciens qui appartiennent à l’univers de l’industrie. Ceux-là sont intégrés aux effectifs de l’industrie calculés par l’Observatoire. Par ailleurs, les fonctions support, marketing, RH ou comptabilité, qu’elles se situent sur les lieux de production ou dans des établissements dédiés de type sièges sociaux, constituent des rouages essentiels de l’activité industrielle, et les salariés exerçant ces fonctions se perçoivent eux-mêmes comme membres à part entière de l’industrie.

Fabien Boisbras

Responsable Etudes et data à OPCO 2i

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